Agentivité de la présence et de l’absence d’édifices religieux en Europe

Ce projet est développé dans le cadre du programme Tandem CNRS / UK soutenu par l’Université Charles, le CNRS et le CEFRES.

Chercheuses principales du projet :
Anne FORNEROD
(CNRS, Université de Strasbourg / CEFRES)
Barbora SPALOVÁ
(ISS FSV / CEFRES)

Présentation

Ce projet vise à étudier l’influence de la présence et de l’absence d’édifices religieux en Europe. Depuis plus de deux décennies, la question de l’avenir du patrimoine religieux et de la réutilisation de ces édifices mobilise de nombreuses études scientifiques, couvrant diverses approches disciplinaires et zones géographiques, tant au niveau régional que national. Un examen rapide de la littérature incommensurable dans ce domaine suffit à révéler cependant qu’elle tend généralement vers une approche sectorielle et donc segmentée, que ce soit par type d’édifice, par zone géographique ou par période historique (Moyen Âge, architecture contemporaine…).

L’hypothèse de départ de la présente recherche consiste à considérer que les églises et les monastères en Europe sont des phénomènes agentifs, agissants. Ils ne sont pas seulement des monuments dignes d’être conservés, mais entrent activement dans des relations spatiales, émotionnelles, politiques, économiques, symboliques et sociales avec leur environnement et sont façonnés par ces relations, tout comme ils contribuent à façonner en continu leur environnement. En bref, nous posons la question suivante : quel est l’« effet » de la présence ou de l’absence d’églises et de monastères ? Une prémisse essentielle est que la présence va au-delà de l’existence matérielle : les bâtiments qui n’existent plus peuvent continuer à exercer une influence par le biais de la mémoire, du symbolisme ou de l’orientation spatiale. L’absence peut être aussi „agissante“ que la présence.

L’objectif de ce programme Tandem est d’explorer cette hypothèse en comparant les contextes tchèque et français.

Ainsi, les travaux prendront deux directions étroitement liées. D’une part, il s’agira d‘identifier les points de comparaison pertinents qui trouvent un écho dans leurs disciplines respectives (par exemple, comment la question des spoliations et des restitutions de biens trouve un écho dans deux contextes et à deux époques différents). D’autre part, et surtout, les deux chercheuses travailleront à la sélection d’études de cas comparables, en Tchéquie et en France. À cet égard, cela permettra de tester la méthodologie, qui repose principalement sur la combinaison de la méthode qualitative des études de cas et de la recherche juridique, y compris la recherche juridique empirique.

La discussion sera ouverte à des collègues d’autres disciplines, afin de comprendre l’influence des édifices religieux à plusieurs niveaux : en tant qu’effet de la matérialité architecturale, mais aussi en tant qu’élément façonné par les dynamiques économiques, juridiques, politiques et spatiales.

© Stanislav Tryputen