Archives de catégorie : Appel à contribution

L’Europe centrale aux carrefours

Journées doctorales de Prague co-organisées par « Passages » (Eur’ORBEM, Paris Sorbonne), le CEFRES et la Faculté des lettres de l’Université Charles.

Date et lieu : 14 et 15 avril 2016, au CEFRES et à la FF UK.
Langues : français et anglais.
Date limite de soumission des interventions (titre) : 15 décembre 2015. Un résumé de l’intervention est à fournir pour la fin janvier 2016.

Argumentaire

Ces deux journées doctorales praguoises ont pour ambition de proposer un panorama de l’Europe centrale à travers les transferts culturels et l’intertextualité, en considérant les liens que les pays de cette région ont entretenu avec le reste de l’Europe, aussi bien à l’Ouest qu’à l’Est : ils assurent ainsi un rôle pivot dans l’organisation de l’espace géopolitique, mais aussi littéraire et culturel européen. La capitale tchèque occupe ici une place toute particulière, puisque les expressions programmatiques désignant Prague comme la « capitale magique de l’Europe » chez le surréaliste André Breton, ou la Bohême comme le « joyau de la ceinture de la vierge Europe » chez le romantique Clemens Brentano illustrent assez, à diverses époques, ce rôle que joue la région dans la spatialisation de la littérature et des programmes poétiques européens, dont elle serait à la fois un laboratoire et un réservoir d’inspirations et d’impulsions. Cet « import-export » d’influences politiques, sociales et culturelles caractérise l’Europe centrale comme espace de rencontre entre les différentes dynamiques qui traversent le vieux continent.

Il s’agira dès lors d’envisager les conditions de cette rencontre, d’une part dans la perspective des échanges qui construisent l’aspect transnational de cet espace de diffusion, d’autre part dans la perspective de l’affrontement et de la frontière, qui ont largement déterminé les caractères géopolitiques que nous lui connaissons aujourd’hui.

C’est dire d’abord que l’indéfinition de cette région, qu’on peut appréhender simplement comme un espace oublié entre l’Est et l’Ouest, demande de l’envisager comme une entité culturelle supranationale, voire supra-politique. Au temps de la Guerre froide, les écrivains et intellectuels Milan Kundera et György Konrád virent ainsi dans l’Europe centrale (Mitteleuropa) une unité artistique qui s’inscrirait dans une certaine tradition ; revendiquant l’existence d’un espace spécifique entre Est et Ouest, Imre Kertész considère que l’« imaginaire spirituel » du monde de la littérature proposerait une véritable continuité culturelle à travers son intertextualité. Un deuxième axe sera de considérer cette région aux frontières étatiques changeantes, qui se fait à plusieurs reprises le champ de bataille de campagnes européennes, au regard des hostilités et animosités (militaires, mais aussi ethniques et sociales) qui en ont marqué l’histoire à l’âge moderne. Au croisement des mondes slaves et d’autres peuples, cet espace de friction donne également lieu à une conception originale de la frontière, des centres et des confins, comme l’Empire austro-hongrois en fournit une illustration exemplaire. Il convient enfin de mentionner les frontières extérieures de cette région, en posant la question de la délimitation de l’Europe centrale et de ses relations extérieures avec les mondes orientaux et occidentaux qui l’entourent. Les transferts extérieurs apparaissent alors comme un révélateur de l’étrangeté, des décalages mais aussi des dialogues qui s’instaurent avec les autres régions d’Europe.

Ces deux aspects esquissent ainsi les axes que l’on prévoit de suivre au cours de ces deux journées, à savoir la définition interne de l’Europe centrale comme espace culturel autonome lors de la première session, et sa conception en tant que point de rencontre privilégié des espaces culturels occidental et oriental lors de la seconde.

Contacts : Jean Boutan  jean.boutan@gmail.com
Claire Delaunay claire__delaunay@hotmail.fr; claire delaunay Claire.delaunay@paris-sorbonne.fr

Échanges et Circulations : contacts culturels et processus de transferts

Organisatrices : Charlotte Krauss (IGK 56, Université de Freiburg) et Clara Royer (CEFRES).

Ces 30 dernières années, les recherches sur les transferts culturels – mettant en valeur les processus de sélection, de répartition et de réception – se sont avérées fructueuses. Les problématiques relatives à la responsabilité des acteurs, aux voies de communication et aux espaces de rencontres et de transferts ont pris une plus grande importance. La réinterprétation sémantique des objets culturels en tant que résultat de chaque transfert est devenue un aspect essentiel de l’analyse dans son cadre spatio-temporel. Puisque les biens culturels prennent diverses significations selon leur contexte, la notion de dépaysement peut être considérée comme un terme clé dans l’étude des transferts.

Bien que l’Allemagne et la France aient été les premiers terrains où se sont appliquées les études sur les transferts culturels, le paradigme s’est étendu à d’autres régions qui n’avaient été examinées que périphériquement (pays nordiques, Europe centrale et orientale, Amérique du sud, etc.). La recherche sur les relations interculturelles est un point commun entre le CEFRES et le Collegium international 1956 « Transferts culturels et Identité culturelle » de l’Université de Freiburg. Ce dernier se concentre sur les relations entre l’Allemagne et la Russie à partir du XVIIe siècle. La journée d’étude « Échanges et circuations » organisée en coopération par les deux institutions, en partenariat avec l’Université Charles, veut interroger les concepts théoriques des échanges culturels. Les propositions s’inscriront dans les domaines suivants :

  • la circulation des objets et des biens culturels
  • les acteurs et les réseaux des transferts culturels
  • les espaces des échanges : voyages, migrations, réseaux professionnels, etc.
  • les concepts théoriques et les méthodes du transfert

Durée des interventions : 20 minutes.

Langue : anglais.

AAC – Transformation, dégradation, perte des objets scientifiques

ISS FSV UK

Le centre d’histoire et de théorie de la sociologie (Institut d’études sociologiques, Université Charles de Prague et le CEFRES vous invitent à participer à la journée d’étude :

Transformation, dégradation, perte des objets scientifiques

qui aura lieu le 21 octobre 2015 (14h-18h) à l’Institut d’études sociologiques de la Faculté des sciences sociales (Campus Jinonice).

Depuis près d’un demi-siècle, l’histoire des sciences s’est affranchie du schème d’un progrès linéaire qui mènerait les hommes de science de découverte en découverte. Ainsi, au moment de leur introduction dans le discours scientifique, les concepts de paradigme et de révolution scientifique, tout comme celui d’épistémè, par exemple, ont témoigné de la nouvelle attention portée aux ruptures qui affectent l’histoire des savoirs. Or, à l’encontre des « inventions », des « constructions » ou des « généalogies » qui figurent aujourd’hui encore au cœur de la plupart des travaux, et donc contre la préférence ainsi manifestée pour le versant « constructif » de l’histoire, nous souhaitons attirer l’attention sur un phénomène moins abordé, pour ne pas dire négligé, celui des « disparitions ».

Disparition n’est pas absence. Autrement dit on peut poser un certain nombre de questions relatives à la disparition des objets de savoir qui se manifestent dans l’histoire des disciplines : comment le savoir abandonne-t-il ses objets et que devient « le site » qui leur donnait consistance, à savoir les solutions aux problèmes et les questions dont ils étaient les témoins? Quelles traces les objets scientifiques eux-mêmes laissent-ils et quels retours opèrent-ils éventuellement? Existe-t-il une logique de la disparition qui renvoie à la structure du réel lui-même? Ces questions revêtent peut-être une importance particulière pour des disciplines dans lesquelles les grandes ruptures et les révolutions scientifiques sont difficiles à repérer, comme c’est le cas pour les sciences sociales.

Le Centre d’histoire et de théorie de la sociologie (Faculté des sciences sociales de l’Université Charles, Prague), en collaboration avec le Centre français de la recherche en sciences sociales (CEFRES), propose aux chercheurs en philosophie, mais également à ceux qui sont issus de toutes les disciplines des sciences sociales, une journée d’étude consacrée à ce thème.

Nous invitons les auteurs à soumettre des propositions d’intervention (30 minutes maximum) sous forme d’un court résumé, envoyé à l’attention de M. Jan Marsalek avant le 11 octobre 2016. Contact : jan.marsalek@fsv.cuni.cz.