Reterritorialisation de la citoyenneté

Les hommes civils ukrainiens face aux restrictions de mobilité dans la guerre à grande échelle

6ème session du Séminaire interne du CEFRES 2025-2026
Par la présentation de recherches en cours, l’objectif du Séminaire du CEFRES est de soulever et de soumettre à la discussion des questions de méthodes, d’approches ou de concepts, dans un esprit pluridisciplinaire, permettant à chacun de croiser ses propres perspectives avec les travaux présentés.

Lieu : bibliothèque du CEFRES, Na Florenci 3, Prague 1 et en ligne (pour obtenir le lien, écrivez à cefres(@)cefres.cz)
Date :
mardi 3 mars 2026, 16 h 30
Langue : anglais

Intervenante : Ruslana KOZIIENKO (CEFRES / CEU)
Discutant :
Martin FOTTA (Institut d’ethnologie AV ČR)

Résumé

Dans le cadre de mon projet de thèse, j‘analyse les expériences des hommes civils adultes qui, en Ukraine, sont affectés par les restrictions de mobilité imposées par la loi martiale introduite en 2022 en réponse à l’invasion à grande échelle du pays par la Russie. Ces restrictions sont doubles : interdiction de voyager à l’étranger pour les hommes âgés de 18 à 60 ans, à quelques exceptions près, et processus de mobilisation à l’intérieur du pays. Parmi les principaux axes du projet figurent les transformations de la citoyenneté en temps de guerre, les stratégies d’adaptation mises en place par les hommes civils pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille, ainsi que les transformations de la masculinité et de la subjectivité des hommes civils dans des conditions de mobilité restreinte et de liberté limitée.

Pour ce séminaire,  nous aborderons plus spécifiquement les transformations et les contestations de la citoyenneté et de ce que signifie être un « bon » citoyen (masculin) en temps de guerre. En examinant la situation sous l’angle de la « citoyenneté comme altérité » (Isin 2002), la présentation se penchera sur l’émergence de différentes catégories de citoyens au cours des trois premières années et demie de la guerre. Elle se concentrera en outre sur la (re)définition de la relation entre citoyenneté et territoire et sur la manière dont ce dernier, investi de nouvelles significations sous la loi martiale, a commencé à (co)produire de nouvelles formes d’altérité. Enfin, elle considérera les actes de franchissement illégal des frontières comme des « actes de citoyenneté » potentiels (Isin 2008 ; Isin et Saward 2013) par lesquels les hommes contestent la citoyenneté et tentent de se réapproprier leur corps, leur subjectivité et leur droit à la mobilité.

Voici le programme complet du séminaire en 2025–2026 ici.