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Niya Metodieva – Recherche & CV

« Les « enfants » du socialisme : la construction de la jeunesse et l’édification d’une société socialiste en République populaire de Bulgarie (1944-1968) »

Axe de recherche 2 : Normes et transgressions

Cette thèse vise à analyser la construction de la société socialiste en République populaire de Bulgarie « à travers » (S. Maza) la question de la jeunesse, depuis le coup d’État du 9 septembre 1944, qui a porté au pouvoir la coalition dirigée par les communistes du Front de la patrie, jusqu’en 1968. En historicisant la construction de la catégorie de « jeunesse », elle propose d’examiner l’évolution des frontières sociopolitiques qui régissaient les multiples significations attachées à la notion de « société socialiste ». Ce faisant, elle analyse de manière processuelle et située la transformation des mécanismes d’intégration et d’exclusion de cette société en construction, les principes selon lesquels ils ont été constitués et la manière dont les différents groupes ont été ainsi reconfigurés.

Elle développe une méthodologie socio-historique ancrée dans le « tournant critique » des Annales qui propose de dépasser la binarité supposée entre idéologie et pratique, entre représentation et action, en proposant une histoire pratique des catégories.  Dans une double perspective problématique, elle cherche à comprendre la co-construction entre pouvoir communiste et société socialiste, ce qui suppose de prendre l’ensemble des acteurs historiques « au sérieux ».  Ainsi l’interrogation se développe sur trois niveaux : elle interroge d’abord la construction des catégories au niveau politique, puis leur négociation au niveau institutionnel (lycées et universités) et les éventuelles « controverses » qui en naissent, avant d’interroger la manière dont les trajectoires sociales et vécus ont été transformés par l’évolution des pratiques de gouvernement. Le croisement de sources politiques (archives du Parti communiste bulgare, de l’Union de jeunesse, biographies, archives policières) à des archives du ministère de l’Instruction populaire (rapports, exclusions, documents relatifs aux purges dans les lycées et universités) et des entretiens permet de porter un regard renouvelé sur l’édification socialiste et les expériences juvéniles en insistant particulièrement sur la question des répressions.

Plus largement, la thèse, qui suit un découpage chronologique classique (période de l’après-guerre, stalinisation et déstalinisation), interroge les visions du social et du changement social produites par la société bulgare et l’État socialiste à travers sa politique de population. L’objectification et la construction de différentes « générations » ainsi que la production de visions homogènes sur la jeunesse permet de questionner la possibilité de parler de « gouvernementalité socialiste » mais aussi de situer la politique socialiste dans une perspective locale de plus longue durée associant jeunesse et nation. Les bornes temporelles permettent de comparer les expériences de différentes cohortes (celles nées autour des années 1920 et celles des années 1940) sur fond d’institutionnalisation croissante de la « jeunesse ».

CV

Formation

  • Depuis 2022 : Doctorante contractuelle (CNRS International) en histoire (EHESS)
  • 2020- 2022 : Master histoire (EHESS, Paris). Thèse préparée sous la direction d’Alain Blum (EHESS/INED) et de Catherine Gousseff (CNRS/CERCEC).
  • 2016-2020 : Double Licence histoire- histoire de l’art et archéologie (Université Paris I Panthéon-Sorbonne)

Association scientifique

  • 2026 : association dans le cadre de CARSI/Horizon Europe avec l’ONG Transitions. Association au CEFRES et à l’IMS de l’Université Charles.

Enseignement

  • Septembre – Décembre 2025 – Chargée de cours : Histoire sociale et politique de la France au XXs. (L2, Université Paris-Nanterre) (48h).

Communications (sélection)

  •  19 janvier 2026 – Séminaire : « Empire russe, URSS, sociétés et territoires post-impériaux. Savoirs et pratiques de l’État » (CERCEC/EHESS). Présentation : « La genèse d’une société socialiste bulgare ? Penser, réguler et construire les nouvelles frontières sociales en sortie de guerre : le cas de la jeunesse (1944-1947).
  • 22 janvier 2024 – Workshop “The Voices from Below in the Face of Repression and Arbitrary State Violence” (CEFRES, EHESS, Charles University, Czech Academy of Sciences). Workshop Paper: “Defending Values, Seeking Justice: Parent’s Petitions to the Minister of Popular Enlightenment as Voices from Below, Bulgaria (1944-1946)”
  • 26 septembre 2024 : Table ronde à “Allez Savoir-Marseille » (EHESS). « Le temps de l’obéissance ? Adolescences européennes à l’épreuve des bouleversements du long XXe siècle », avec Emma Papadacci (LIER-FYT) et Lucas Bouguereau (LIER-FYT). Table ronde animée par Julie Pagis (IRIS/CNRS).
  • 5-6 Avril 2024 – Conference Moving Beyond the Centre-Periphery Dynamics: Central and Eastern Europe from the mid-19th century to the present”. Conference paper: “Managing Time, Creating Specialists: Socialist Modernization as seen through the Youth Brigade Movement in the People’s Republic of Bulgaria (1947-1950)”.

Organisation scientifique

  • Co-organisatrice de la Conférence doctorale du CERCEC-CETOBaC, « Modernities Debated. Crossed perspectives from Russian, Soviet and Ottoman (post-)imperial spaces: Central and Eastern Europe, Balkans, Eastern Mediterranean, Caucasus and Central Asia” 21 et 22 mai 2024.

 

 

Sans colonies, colonial malgré tout ?

L’histoire (tchéco)slovaque et l’empire colonial français en Afrique (XVIIIe–début XXe siècle)

Ce projet est développé dans le cadre du TANDEM CNRS-SAV développé par l’Académie slovaque des sciences (SAV), le CNRS Sciences humaines & sociales (CNRS SHS) et le CEFRES.

Chercheurs principaux du projet :
Silvester TRNOVEC (Institut des études orientales, SAV / CEFRES)
Romain TIQUET (Institut des mondes africains, CNRS / CEFRES)

ANNOTATION
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Romain Tiquet – Recherche & CV

Romain Tiquet est titulaire d’un doctorat de l’Université Humboldt de Berlin. Il est depuis 2019 chercheur CNRS (section 35) à l’Institut des Mondes Africains. Après avoir travaillé sur l’histoire du maintien de l’ordre au Burkina Faso, sa thèse a porté sur la mobilisation de la main-d’oeuvre dans le Sénégal (post)colonial. Depuis 2019, il s’intéresse à l’histoire de la folie en Afrique de l’Ouest et pilote le projet ERC « Governing Madness in West Africa » (MadAf 2021-2026): https://madaf.hypotheses.org/

À partir de janvier 2026, il sera accueilli au CEFRES, en collaboration avec l’africaniste et historien slovaque Silvestr Trnovec, afin de développer un nouveau projet intitulé Sans colonies, mais toujours colonialiste ? Histoire (tchéco)slovaque et empire colonial français en Afrique, XVIIIe siècle–début du XXe siècle. Ce projet est mis en œuvre dans le cadre du programme TANDEM SAV–CNRS 2026-2027 et explore les liens historiques entre l’espace tchécoslovaque et l’empire colonial français en Afrique.

Silvester Trnovec – Recherche & CV

Silvester Trnovec est historien et africaniste à l’Institut d’études orientales de l’Académie slovaque des sciences à Bratislava. Ses recherches ont porté principalement sur les transformations des sociétés africaines en Afrique de l’Ouest et du Nord aux XIXᵉ et XXᵉ siècles, dans le contexte du colonialisme français. Il dirige par ailleurs le projet international Fontes Historiae Africanae / Sources for the History of Africa, placé sous l’égide de l’Union internationale des académies à Bruxelles et consacré à la publication d’éditions critiques de sources sur l’histoire africaine.

Il mène actuellement des recherches sur l’image de l’Afrique dans la société et la culture slovaques aux XIXᵉ et XXᵉ siècles, en s’intéressant notamment à l’émergence de stéréotypes coloniaux dans un contexte qui n’a pas connu d’expérience coloniale directe.

À partir de janvier 2026, il sera accueilli au CEFRES, en collaboration avec l’africaniste et historien français Romain Tiquet, afin de développer un nouveau projet intitulé Sans colonies, mais toujours colonialiste ? Histoire (tchéco)slovaque et empire colonial français en Afrique, XVIIIe siècle–début du XXe siècle. Ce projet est mis en œuvre dans le cadre du programme TANDEM SAV–CNRS 2026-2027 et explore les liens historiques entre l’espace tchécoslovaque et l’empire colonial français en Afrique.

Adam M. Aksnowicz – recherche & CV

« Vers quelle Patrie ? Armées (trans)nationales en exil et renégociations des récits nationaux polonais et tchécoslovaques, 1938-1948 »

Contact: aksnowicz_adam@phd.ceu.edu

Axe de recherche 1 : Déplacements, dépaysements et décalages : hommes, savoirs et pratiques

Adam M. Aksnowicz est doctorant au département d’histoire de l’Université d’Europe centrale à Vienne, en Autriche. Sa thèse, intitulée Vers quelle patrie ? Armées (trans)nationales en exil et renégociations des récits nationaux polonais et tchécoslovaques, 1938-1948, sous la direction de Constantine Iordachi et Charles Shaw, contribue à l’axe de recherche 1 du CEFRES

Ma thèse réexamine le phénomène historique des forces armées nationales en exil pendant la Seconde Guerre mondiale en analysant les projets militaires de construction nationale des armées polonaises en exil et de la résistance tchécoslovaque à l’étranger dans une perspective transnationale, comparative et mondiale. Sur la base de ma thèse de master intitulée « Sans Lwów et Wilno, il n’y a pas de Pologne » La Cause de Kresy dans la presse et la propagande de l’armée polonaise en exil en Italie, 1944-1946, mon projet actuel explore les complexités conceptuelles et historiques et les traces persistantes des exils nationaux et militaires dans les renégociations de la nation, de l’État et de la patrie entre la chute des jeunes républiques post-Versailles et la reconstruction radicale de l’Europe centrale et orientale après la guerre. En contextualisant les exils militaires polonais et tchécoslovaques dans les enchevêtrements transnationaux, mondiaux et impériaux-coloniaux de « l’ère des catastrophes » du début du XXe siècle en Europe (Doumanis 2016), je souhaite dépasser les approches nationales-patriotiques dominantes et les cadres binaires de la guerre froide afin de contribuer à une nouvelle recherche critique sur les appareils d’État en exil pendant la Seconde Guerre mondiale et de participer aux réflexions interdisciplinaires sur des thèmes tels que l’exil, les relations entre civils et militaires, les transnationalités de la construction nationale et la (re)construction narrative collective.

Avec une formation en sociologie et en histoire, je consacre mes recherches sur l’étude de la mémoire historique et collective de la Pologne et de la diaspora polonaise entre les deux guerres, pendant la guerre et au début de la guerre froide, dans un contexte mondial. Pendant mon séjour de recherche à Prague au CEFRES, j’ai hâte de développer davantage la dimension comparative tchécoslovaque de ma thèse en consultant les archives nationales tchèques et en interrogeant d’autres cas analogues d’exil et de déplacement afin de renforcer le cadre conceptuel global du projet.

CV

Formation 

  • 2022 – présent : Doctorant en histoire comparée à l’Université d’Europe centrale à Vienne, en Autriche.
  • 2019 – 2020 : Master en histoire comparée à l’Université d’Europe centrale à Budapest, en Hongrie.
  • 2016 – 2018 : Master en sociologie et médiation interculturelle à l’Université de Wrocław, Wrocław, Pologne. Lauréat de Dean’s Award for the Best MA Thesis à la Faculté des sciences sociales de l’Université de Wrocław (2018).
  • 2012 – 2014 : Licence en histoire à l’Université d’Illinois Chicago (UIC), Chicago IL, États-Unis. 

Expérience en enseignement

  • 2023/2024 automne : Assistant d’enseignement dans le cadre du cours Comparative, Transnational and Global Histories: Rethinking Geographical and Temporal Scales, sous la direction de Balázs Trencsényi, Faculté d’histoire comparée de l’Université d’Europe centrale, Vienne, Autriche.

Conférences / Universités d’été

  • Intervenant : (Non)Polish Army in Exile? Researching the Red Army’s Kościuszko Division Between History and Contested Memory, VIII Public History Summer School, L’Institut d’histoire de l’Université de Wrocław, Wrocław, Pologne, 9-13 juin 2025.
  • Intervenant : Antisemitism, Propaganda, and Polish Armies in Exile during WWII, ComFas Summer School on Fascism, Antisemitism and the Holocaust: Theory, Methodology, and Case Studies. International Association for Comparative Fascist Studies (ComFas), Rijeka, Croatie, 9-14 juillet 2023.
  • Intervenant : Echoes of Wartime Trauma: Children of Polish Deportees Living in the West after WWII, XIX International Student Conference “Communication and Culture” à l’Université de Wrocław, Pologne, 23-24 mai 2018.
  • Intervenant : The Holy Constitution? Sacred Roles of Historic Legal Text in Democratic Nation-States, IV International Conference “Law-Religion-Politics.” SKN Doctrines of Politics and Law à l’Université de Wrocław, Pologne, 13-14 avril 2018.
  • Modérateur : Postwar Generations Remember (Concluding Panel). Kresy Siberia Foundation “Generations Remember” Conference at The History Meeting House, Varsovie, Pologne, 15-17 septembre 2017.
  • Intervenant : Orange Dwarves and Pepe the Frog: A Comparison of Absurdity as Political Tactic by Poland’s Historic Orange Alternative and the Contemporary American Alt-Right, XVIII Annual International Student Conference “Communication and Culture” à l’Université de Wrocław, Pologne, 25-26 mai 2017.

Publications

  • Nowy rozdział starej Res Publica Nowa, 4 juillet 2022.
  • A New Approach to CEE Communism Studies. Reassessing Communism: Concepts, Culture, and Society in Poland, 1944–1989. Visegrad Insight, 5 octobre 2021.
  • Uses and Abuses of Political Appeals to ‘Civilization’: Kathryn Ciancia’s Book on Interwar Borderland in Poland, Visegrad Insight, 31 mars 2021.
  • A Century of Demagogues in Europe: Ivan T. Berend’s Portraits of Populists between Past and Present, Visegrad Insight, 7 janvier 2021.
  • Co-rédacteur de The Polish Museum of America Visitor Brochure, Chicago, États-Unis. Projet subventionné par le Ministère de la Culture et du Patrimoine national de la République de Pologne, 2015.
  • Co-rédacteur de The Polish Museum of America’s Online Collections Database, Chicago, États-Unis. Projet subventionné par le Ministère de la Culture et du Patrimoine national de la République de Pologne, 2014. URL: https://polishmuseum.pastperfectonline.com/ 

 

Andrej Vašíček – Recherche & CV

« Mémoire culturelle et historique du paysage en Hongrie au 18e siècle »

Axe 3. Objets, traces, mises en carte : espaces au quotidien

Introduction

Cette thèse étudie la mémoire culturelle et historique enracinée dans les paysages ruraux et semi-ruraux de la Hongrie du 18e siècle. Elle explore comment les communautés locales percevaient, façonnaient et se remémoraient leur environnement, en se concentrant sur les traces matérielles, les pratiques spatiales et les représentations symboliques qui reliaient les gens à leur territoire à travers le temps.

Questions de recherche

  • Comment le paysage était-il remémoré et représenté dans les contextes légaux, religieux et sociaux du 18e siècle ?
  • Quelles traces matérielles ou symboliques des usages et des significations passés peuvent être identifiées dans les paysages (par exemple les croix, les bornes, les infrastructures hydrologiques, les routes) ?
  • Comment les éléments naturels (rivières, forêts, collines) sont devenus parties intégrantes de la mémoire collective ou de l’identité ?
  • De quelles manières la transformation du paysage — par l’agriculture, la réglementation ou le peuplement — a affecté la mémoire culturelle de ses habitants ?

Méthodologie

Cette recherche combine des approches tirées de l’histoire environnementale, de l’anthropologie historique et de la cartographie critique. Elle s’appuie sur une variété de sources historiques :

  • Les urbaria (terriers) et recensements reflétant l’usage socio-économique du territoire.
  • Les cartes historiques et les plans cadastraux, pour retracer l’organisation et la mémoire de l’espace.
  • Les registres paroissiaux, les inscriptions et les monuments religieux, pour retracer les éléments symboliques du paysage.
  • Les sources narratives (telles que les chroniques locales) témoignant de géographies mentales et vécues.

Le projet utilise des études de cas microhistoriques de régions spécifiques de la Haute-Hongrie historique pour reconstruire les interactions entre les gens et le paysage.

Base empirique

La base empirique inclut :

  • des matériaux d’archives provenant des Archives nationales hongroises et des archives régionales slovaques National,
  • des cartes du 18e siècle provenant de collections militaires et ecclésiastiques,
  • des recherches de terrain pour documenter les éléments paysagers subsistants (par exemple des croix de pierre, des vestiges d’anciens systèmes agricoles, des ouvrages d’art de régulation des crues).

Contribution à l’axe de recherche 3 – Objets, traces, mises en carte : espace au quotidien

Cette thèse contribue à la compréhension du paysage comme un palimpseste d’objets et de traces— un espace marqué par des strates de significations, d’usages et de représentations passés. Elle suggère que la mémoire d’un lieu n’est pas seulement transmise par des textes ou des rites mais est aussi inscrite dans le terrain par les pratiques spatiales et les vestiges physiques préservés. En enquêtant sur la manière dont les gens peuplaient et interprétaient leur environnement, cette recherche offre une perspective historique sur la production de l’espace, en reliant des objets tangibles avec la mémoire intangible. Elle s’attache également à cartographier ces traces, aussi bien littéralement (en utilisant un système d’information géographique) que conceptuellement, comme une manière de comprendre comment les paysages sont devenus des archives culturelles et historiques.