Une religion de la nature ? Anthropologie des artefacts sacrés et des « dieux cyborgs » dans les religions afro-brésiliennes

Séminaire Gellner

Giovanna Capponi (CEFRES/FSV UK) donnera une conférence dans le cadre du séminaire Gellner co-organisé par l’Association tchèque d’Anthropologie sociale (CASA– Česká Asociace pro Sociální Antropologii) et la Société tchèque de Sociologie, en coopération avec l’Institut d’Ethnologie de l’Académie des Sciences de République tchèque et le CEFRES.

Date et horaire : 1 avril 2019, à partir de 16h30
Lieu : Bibliothèque du CEFRES, Na Florenci 3, Prague 1
Langue : anglais

Résumé

Une religion de la nature ? Anthropologie des artefacts sacrés et des « dieux cyborgs » dans les religions afro-brésiliennes

Le Candomblé afro-brésilien, la vénération des divinités ouest-africaine qui s’est étendue dans le brésil à la suite du commerce triangulaire Atlantique, est souvent décrit par ses fidèles ainsi que par les anthropologues l’ayant étudié comme une « religion de la nature« . En effet, les divinités du candomblé appelées Orixás sont étroitement associées aux éléments naturels du paysage. Outre cela, elles sont aussi associées aux tempéraments humains et aux différentes étapes de la vie et de l‘être. C’est dans la tentative de problématiser et comprendre quelle sorte de nature est entendu dans ce contexte, que j’analyserai les artefacts sacrés qui constituent une part central des pratiques rituelles, les dénommées assentamentos.

Les règles de fabrication de ces mystérieux faitiches, pour reprendre le néologisme de Latour, sont souvent secrètes et sacrées puisqu’elles constituent les corps et les bouches des orixás où sont réalisés les sacrifices et les offrandes.
Leur construction comprenant du sang animal, des substances végétales ainsi que d’autres matériaux tels que le bois, le fer et le cuivre, les assentamentos sont utilisés par les Hommes comme un moyen de condenser et manipuler l’axé, la force sacré infusée dans tout élément naturel.

En essayant d’échapper au récit colonial décrivant ces pratiques comme du « fétichisme », je soutiendrai que ces artefacts peuvent être perçus comme de puissants outils « technologiques » et de puissantes voies de communication entre le monde visible et le monde invisible. De plus, ces réceptacles relient et les divinités, et les têtes des novices qui pratiquent le rituel d’initiation, créant à vie un lien entre l’orixál’artefact, et l’humain.

En utilisant la métaphore du cyborg de Haraway, j’analyse comment ces artefacts transcendent et défient les dichotomies de la pensée occidentale. Etant à la fois vivants et inertes, naturels et technologiques, humains et animaux, emplis de vie mais simples vaisseaux, les assentamentos subvertissent ces catégories et éclaircissent la manière dont les humains, les dieux, les animaux et les éléments du paysage sont construits et perçus.