L’héritage radioactif français

L’héritage radioactif français. Convertir les résidus nucléaires en capital fissile depuis les années 1950

7e session du Séminaire interne du CEFRES 2022-2023.
Par la présentation de recherches en cours, l’objectif du Séminaire du CEFRES est de soulever et de soumettre à la discussion des questions de méthodes, d’approches ou de concepts, dans un esprit pluridisciplinaire, permettant à chacun de croiser ses propres perspectives avec les travaux présentés.

Lieu : bibliothèque du CEFRES et en ligne
Date
: mardi 11 avril 2023, 16h30
Langue
: anglais
Contact
: cefres[@]cefres.cz

Ange Pottin (CEFRES / UK)
Discutante : Chloé Mondémé  (CNRS / CEFRES)

Résumé :

Depuis les années 1950, de nombreux acteurs de l’industrie nucléaire française annoncent la chose suivante : le pesant héritage radioactif légué par les installations nucléaires civiles et militaires n’est pas une encombrante nuisance, mais une aubaine. C’est que le combustible nucléaire irradié, sorti chaud, toxique et critique du réacteur, d’abord exploité pour les besoins de la bombe, contient des matières énergétiques de valeur pour le marché actuel et pour la vertueuse société d’abondance à venir ; il doit donc être « retraité », « surgénéré », « multi-recyclé ». Le « cycle du combustible fermé », stratégie risquée aujourd’hui en perte de crédibilité, autorise alors un vertigineux paradoxe : afin de gérer de façon optimale les résidus radioactifs, il faut les produire en masse. Par un parcours dans les discours de physiciens nucléaires, d’économistes et de représentants français dans les arènes internationales, j’analyserai la mise en place de cette politique dans les années 1950-1980 à l’aide d’outils empruntant aux Science and Technology Studies et aux philosophies des techniques de Marx et de Simondon.

Voir le programme complet du séminaire ici.