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Marija Martinovic – Recherche & CV

Unification et désunion : philosophie de la crise socialiste en Yougoslavie (1945–1990)

Axe de recherche 1 : Déplacements, dépaysements et décalages : hommes, savoirs et pratiques

Marija Martinovic est doctorante en philosophie et études slaves au sein de l’École doctorale 20 de Sorbonne Université, rattachée à l’unité de recherche Eur’Orbem (UMR 8224, CNRS/Sorbonne Université). Membre du laboratoire junior “Passage” au sein d’Eur’Orbem, elle prépare sous la direction de Philippe Gelez et de Daniel Baric une thèse intitulée « Unification et désunion : philosophie de la crise socialiste en Yougoslavie (1945-1990) ».

Cette recherche interroge, dans une perspective à la fois philosophique, politique et historique, les conditions idéologiques, morales et symboliques de l’échec du socialisme yougoslave. S’appuyant sur la distinction entre unification et inclusion, elle propose une relecture conceptuelle de la crise yougoslave à partir de ses contradictions internes : l’occultation de la diversité au nom d’une unité proclamée, et la désillusion qui en découle au sein d’un régime fondé sur une idéologie de la cohésion nationale. Cette étude vise ainsi à élucider les mécanismes philosophiques de la désunion, en dialogue avec les pensées de Slavoj Žižek, Milovan Djilas et les traditions critiques des Balkans.

En s’inscrivant dans une approche comparée entre philosophie politique, sociologie et histoire des idées, la thèse interroge également la spécificité des modes de pensée yougoslaves, souvent fondés sur une logique empirique du constat social à la conceptualisation philosophique distincte des modèles occidentaux. Elle éclaire le passage du socialisme yougoslave à l’ère post-socialiste, comprise comme un processus de transition et de redéfinition des identités collectives, morales et religieuses.

Ses travaux récents comprennent un compte rendu critique de l’ouvrage de Sacha Markovic, La Yougoslavie que racontent les humanistes marxistes (à paraître dans la revue Balkanologie, 2025), ainsi qu’une communication au colloque international “Ivan Illich, a century of critical thinking” (Cres, Croatie, 2025), intitulée “The Influence of Ivan Illich: the Case of Slavoj Žižek”, dont les actes sont en cours de publication.

Marija Martinovic enseigne actuellement les lettres modernes et classiques et poursuit parallèlement ses travaux sur les formes philosophiques de la crise, de la sécularisation et de l’identité nationale dans l’espace post-yougoslave. Elle est doctorante invitée au CEFRES (Centre français de recherche en sciences sociales, Prague), dans le cadre d’un séjour de recherche consacré à l’étude comparée des crises idéologiques dans les pays d’Europe centrale et balkanique.

CV

I. Parcours universitaire

Depuis 2023 − Doctorat – ED20, Lettres Sorbonne Université
Projet de thèse sous la direction de Philippe Gelez (Paris 4) et Daniel Baric (Paris 4) : « Unification et désunion : philosophie de la crise socialiste en Yougoslavie (1945-1990). »

2021-2022 − Master 2 Recherche en philosophie et société, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (mention bien).

Mémoire sous la direction de Philippe Buttgen (Paris 1) : « Élucidation de l’échec du socialisme yougoslave, à travers l’Idée communiste inclusive de Slavoj Žižek. »

2021-2022 − Mobilité Erasmus (cours et examens écrits/oraux en anglais), Sapienza Université de Rome, Italie (mention très bien).

2020-2021 − Master 1 Recherche en philosophie et société, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (mention assez bien).

Mémoire sous la direction de Magali Bessonne (Paris 1) : « La religion comme nécessité morale au bien chez Rousseau. »

2019-2020 − Mobilité internationale de crédits (cours et examens écrits/oraux en serbe cyrillique), Université de Belgrade, Serbie (mention très bien).

2017-2020 − Licence 3 de philosophie parcours humanités, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (mention bien).

2016-2017 − Baccalauréat littéraire, lycée privé Louise de Marillac, Paris (mention bien).

EFB – École Française de Belgrade, Belgrade.

II.     Expérience professionnelle

Depuis 2025Séjour de recherche de six mois dans le cadre de la thèse de doctorat, CEFRES – Centre français de recherche en sciences sociales, Prague,

Depuis 2024 − Professeur de lettres modernes, de lettres classiques et de littérature, second degré, Académie de Créteil, de Paris et de Versailles.

2022 − Journaliste culture et assistante éditoriale, FNAC-DARTY, Ivry sur Seine : https://www.fnac.com/Le-blog-de-Marija/cc914/w-4.

  • Suivi de l’actualité culturelle, pilotage de la ligne éditoriale de L’Eclaireur : https://leclaireur.fnac.com.
  • Conception, conception et rédaction d’articles.
  • Maîtrise des CMS dont WordPress, des règles SEO et du langage HTML.

2019 − Chef de projet livres – catégorie philosophie, VULKAN, Belgrade.

  • Etude de marché du livre de philosophie, choix des titres à éditer et à traduire.

III.  Affiliations et publications

Depuis  2025 − Doctorante invitée, CEFRES, République tchèque.

Octobre 2025 − « Compte rendu de : Sacha Markovic, La Yougoslavie que racontent les humanistes marxistes : aux origines intellectuelles et culturelles des transitions yougoslaves, entre socialisme et nationalisme, des années 1920 aux années 1970 », Balkanologie (en cours de publication).

Septembre 2025 − Colloque à Cres, Croatie : Ivan Illich, a century of critical thinking, on ways of addressing global crises. Présentation : « The influence of Ivan Illich : the case of Slavoj Žižek. », avec Sorbonne Université. (ouvrage collaboratif en cours de publication)

Depuis 2023 − Unité de recherche UMR 8224 Eur’Orbem (Europe orientale, balkanique et médiane), Sorbonne Université/CNRS.

Laboratoire junior de l’UMR 8224 Eur’Orbem « Passage »

Sophie Raehme – Recherche & CV

« Visualiser la résistance : le graffiti itinérant “Las Cuchas Tienen la Razón” et la présence fantomatique des Colombiens victimes de disparition forcée en Europe »

Axe 3 – Objets, traces, mises en carte : espaces au quotidien

Mes recherches examinent de manière générale dont les acteurs étatiques et non-étatiques, ainsi que les victimes survivantes, négocient les concepts de réparation collective pour les préjudices liés au genre, intersectionnels et relationnels. Je me concentre particulièrement sur les possibilités et les limites des réparations collectives dans les processus officiels de reconnaissance des victimes. Dans une optique ontologique relationnelle, j’explore la manière dont les cadres de victimisation collective sont construits et contestés dans les discours de la justice transitionnelle et au-delà, particulièrement en lien avec la mémoire territoriale, l’art et la résistance dans le contexte de la paix territoriale  en milieu urbain colombien. Ma recherche s’ancre dans les approches critiques, décoloniales, queers et féministes de la justice transitionnelle, des réparations, du genre et des droits humains. Entre 2022 et 2024, j’ai collaboré étroitement avec un collectif de chercheuses et un groupe LGBT de Medellín dans des projets de documentaires participatifs. L’un de ces projets est actuellement en cours de réédition et devrait être présenté à un festival de films.

Pendant mon séjour au CEFRES, j’explorerai les dimensions transnationales de l’activisme de la mémoire à travers le graffiti itinérant « Las cuchas tienen la razón », créé à l’origine par des jeunes graffeurs et des chercheuses à Medellín. Le projet étudie comment cette intervention visuelle, symbole de résistance territoriale et des luttes menées par la jeunesse et les femmes pour la vérité, la justice et des réparations, a été réinterprétée au sein de la diaspora latino-américaine en Europe, notamment à Vienne, Berlin et Londres. Pour étudier ces mémoires territoriales véhiculées par le graffiti itinérant, j’adopte une méthodologie exploratoire, fondée sur la métaphore des fantômes. « L’ethnographie des fantômes » offre un cadre conceptuel pour examiner comment le trauma et l’absence sont inscrits sur les corps et les espaces urbains, en particulier par le biais du muralisme et du graffiti. Ces  formes de street art fonctionnent comme des archives vivantes de la résistance, souvent négligées dans l’historiographie et l’ethnographie traditionnelles, mais qui occupent une place centrale dans les pratiques mémorielles populaires. Je compléterai cett approche par des entretiens semi-structurés menés auprès de graffeurs et des chercheuses.

Au CEFRES, je compte contribuer principalement à l’axe de recherche 3. Au cours de mon séjour, je présenterai mes résultats et diffuserai le documentaire participatif « Women Walking for Truth – Transforming Voices and Territorial Resistance » (2025).

CV

J’ai obtenu un master de philosophie (2019) à l’Université Goethe (Francfort) et un master d’études internationales (« Peace and Conflict Research », 2020) à l’Université technique de Darmstadt.

En 2024, j’ai donné des cours sur les théories féministes, la réparation climatique et les méthodologies basées sur l’art en tant que chargée d’enseignement internationale au Département des science politique et d’études globales de l’Université des Andes (Bogotá).

En 2025, j’ai été chercheuse invitée au Département d’études de genre de la London School of Economics et au Département de sciences politiques et sociales de l’Institut universitaire européen (Florence).

AAC | Foucault a 100 ans : échos et rencontres en Europe centrale et orientale

Date limite de dépôt des candidatures : 15 novembre 2025
à l’adresse :
foucault100ece@flu.cas.cz

Date et lieu :
Prague (1–2 juin 2026) et Varsovie (4–5 juin 2026)

Institutions d’accueil :
L’Institut de philosophie de l’Académie tchèque des sciences
Centre français de recherche en sciences sociales en Prague (CEFRES)
Centre de civilisation française et d’études francophones en Pologne (CCFEF)

Comité d’organisation : Mateusz Chmurski, Isabel Jacobs, Jiří Růžička, Radosław Szymański, Laurent Tatarenko

Email de contact : Jiří Růžička, ruzicka@flu.cas.cz

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Dominik Kulcsár – recherche & CV

« Le concept philosophique de révolte »

Contact : dominik.kulcsar[@]cefres.cz

Axe de recherche 2 : Normes et transgressions

Dominik Kulcsár est chargé de recherche à l’Institut de philosophie de l’Académie slovaque des Sciences à Bratislava. Il a terminé sa thèse de doctorat Albert Camus et l’esprit de l’Anarchie : le concept philosophique de la révolte et il continue actuellement sa recherche autour du concept de révolte, qui contribue à l’axe de recherche 2 du CEFRES. Continuer la lecture de Dominik Kulcsár – recherche & CV

Josefína Formanová – Recherche & CV

« Philosophie de l’échec. Négativité et erreur dans la Phénoménologie de l’esprit de Hegel »

contact : josefina.formanova(@)cefres.cz

Axe de recherche n° 2 – Normes & transgressions

Mon projet de thèse se fonde sur une observation essentielle : la société mondiale contemporaine est profondément enracinée dans la quête incessante du succès. Mais ce constat s’accompagne d’un déclin préoccupant de notre capacité à embrasser la passivité ou le doute d’une part, et, d’autre part, d’une tendance croissante à l’apathie, là où l’action devrait être impérative. Dans son cadre le plus large, mon travail explore la notion de passivité dans l’action et affirme qu’elle constitue le socle même des relations significatives entre autrui et le monde. Plus précisément, je préconise une redéfinition de l’activité à la lumière de son caractère intrinsèquement incontrôlable, omniprésent dans chaque acte ou relation humaine. Mes recherches partent ainsi de la situation la plus courante dans laquelle la contingence est palpable : l’échec humain. Continuer la lecture de Josefína Formanová – Recherche & CV

Archives et interculturalité

L’axe de travail de l’équipe « Archives et interculturalité » se donne comme objet de comprendre la philosophie contemporaine à partir de l’étude de ses documents manuscrits et archives. Quelle est la part jouée par l’écriture dans les processus de création conceptuelle ? Cette approche permet de repérer les ancrages existentiels et historiques de l’ensemble varié de pratiques de pensée qu’on appelle « philosophie », et de mieux en comprendre, ainsi, les textes et les idées, ainsi que son ancrage dans les horizons culturels qui l’ont marquée.

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